Beausergent's Blog

– blog de semne şi minuni –

saturn

Saturne
Saturn

Il est morne, il est taciturne,
E sobru, trist, e taciturn,
Il préside aux choses du temps,
E peste timpuri domnitor,
Il porte un joli nom, Saturne,
Poartă-un nume drăguţ, Saturn,
Mais c’est un dieu fort inquiétant.
Da’i un zeu neliniştitor.

En allant son chemin, morose,
Pe calea lui, ursuz, mergând,
Pour se désennuyer un peu,
Văzând că prea se plictiseşte,
Il joue à bousculer les roses,
Scutură-n joacă trandafirii :
Le temps tue le temps comme il peut.
Timpul cu timpul se hrăneşte.

Cette saison, c’est toi, ma belle,
În astă vreme, tu, frumoaso,
Qui as fait les frais de son jeu,
Vei suferi din jocul său,
Toi qui a payé la gabelle,
Tu care-ai plătit tributul :
Un grain de sel dans tes cheveux.
Un fir de sare-n părul tău.

C’est pas vilain, les fleurs d’automne,
Urâte nu-s florile toamnei,
Et tous les poètes l’ont dit.
De-asculţi vorba poeţilor.
Je te regarde et je te donne
Eu te privesc şi-ţi dăruiesc
Mon billet qu’ils n’ont pas menti.
Lozul meu adeveritor.

Viens encore, viens ma favorite,
Mai vin-odat’, a mea favorită,
Descendons ensemble au jardin,
În gradină să coborâm,
Viens effeuiller la marguerite
Smulgând petala margaretei
De l’été de la Saint-Martin.
A verii Sfântului Martin.

Je sais par coeur toutes tes grâces
Le ştiu din cap a tale graţii
Et, pour me les faire oublier,
Şi, pentru-a mă face-a le uita,
Il faudra que Saturne en fasse
Ar trebui ca Saturn să-ntoarcă
Des tours d’horlog’ de sablier !
Clepsidra cu nisip în ea.

Comentarii

•  Renversement d’un cliché : La chanson Saturne joue sur le cliché poétique classique, hérité des poètes de la pléiade dans lesquels le poète loue la beauté d’une jeune fille avant de lui dire que le „temps matte toute chose” et qu’il faut donc penser à aimer le poète avant d’être trop vieille. Il n’y a qu’à citer Ronsard et Du Bellay : „mignonne allons voir si la rose” et „quand vous serez bien vieille …”. Bref, Brassens s’amuse après cette tradition poétique à la parodier, puisqu’ici, la petite pisseuse est dédaignée au profit de la femme mûre.

• Encore un renversement : Ici le jeu de Brassens avec la tradition poétique de la pléiade est encore plus prononcé. En effet, les poètes vantent les roses : belles mais éphémères, symbole de la jeunesse. Les feuilles d’automne, c’est plutôt le cliché romantique de l’homme seul dans la nature, symbole du temps qui passe. Brassens s’amuse à réunir ces deux clichés pour vanter la femme mûre.

• je te donne mon billet : On disait plutôt „Je te fiche mon billet que…”, dans le sens de „Je suis prêt à parier que…”. Peut-être s’agit-il du billet de banque que le parieur sûr de lui brandit sous le nez de l’incrédule.

• descendons au jardin : écho direct de „Mignonne allons voir si la rose…”

• L’été de la Saint Martin : La Saint Martin, c’est le 11 Novembre. A cette période de l’année il y a souvent un redoux météorologique, d’où „l’été de la Saint Martin”. Ici Brassens s’adresse à une femme mûre (à l’automne de sa vie) et lui signifie qu’elle peut profiter d’une nouvelle jeunesse (l’été).

IL S’ETAIT FAIT TOUT PETIT…

Monsieur Brassens n’avait jamais ôté son chapeau devant personne, jusqu’à ce qu’il rencontre Joha Heiman en 1947. D’abord „Blonde Chenille”, puis „Püpchen”(1), ils vivront leur „non-mariage” jusqu’à ce que la Camarde les sépare, en 1981.
Muse effacée d’un home fort, elle était son repos de guerrier des mots, le refuge de ses angoisses secrètes. Elle est partie voir là-haut s’il y est aussi discrètement qu’elle avait vécu à ses côtés, le 19 décembre 1999, 18 années après lui.
On trouvera une interview d’elle dans le livre de Josée Stroobants et Eric Zimmermann „Brassens chez Jeanne” (Editions Didier Carpentier, auquel nous avons emprunté la photo).
Brassens n’aimait pas que l’on cherche des références autobiographiques à ses chansons. Bon. Mais si „par hasard”, on doit à cette Dame un peu de „J’ai rendez-vous avec vous”, „Je me suis fait tout petit”, „Saturne”, ou, bien entendu, „La non-demande en mariage”, nous lui devons tous beaucoup. Et moi, mon colon, entre toutes les belles que voici, celle que je préfère, c’est Saturne, le plus beau des poèmes d’amour d’un homme à la femme qui l’accompagne dans l’automne de l’âge.


Reclame

ianuarie 12, 2010 Posted by | Georges Brassens | 2 comentarii

4 mile

Mila. A fost, poate, sentimentul pe care l-am trăit cel mai intens. (Da, nu m-am putut abţine să nu mai cochetez cu „jurnalul”.) Şi la modul egoist. Mila faţă de cei apropiaţi, pe care i-am iubit şi dezamăgit.  Mai intâi faţă de părinţi. Când, în facultate fiind, am realizat că nu voi avea acel „viitor glorios” pe care şi l-ar fi imaginat. Apoi faţă de copii, cărora nu ştiu ce le poate viitorul! Am rămas, din şcoală, cu capacitatea de a abstractiza, a jongla cu abstracţiunile şi a le aduce înapoi, cu picioarele pe pământ. A trebuit să lupt cu un caracter melancolic: pesimism, nesiguranţă, vulnerabilitate, etc. ( vezi aici). Să analizăm. Astăzi despre: „Avoids talking before a group; when obliged to he finds it difficult.” Asta cred că o are toată lumea. Din referinţe sigure (serialul Seinfeld) am aflat că într-un clasament al temerilor, pe baze statistice, pe locul întâi e teama de a vorbi în public şi pe locul doi vine teama de moarte. Deci te simţi mai relaxat în faţa unui pluton de execuţie decât în faţa unui auditoriu!

Dezechilibrată postare! Aş renunţa la a doua parte, dar e prea târziu!

ianuarie 12, 2010 Posted by | Despre mine | 17 comentarii